Vous l’avez sans doute remarqué, depuis quelques temps, il n’y a plus de photo sur nos posts… Il y a une raison à cela : nous avons été agressés pendant notre retour de l’île d’Ometepe. Voici l’histoire pas très drôle de deux jeunes qui font un peu trop confiance aux gens…
Nous sommes donc revenu de l’île d’Ometepe par le même chemin que celui qui nous y avait mené, par le ferry qui nous déposa à San Jorge, près de Rivas. Avant d’aller plus loin, une pause toilette était requise. Et en sortant des toilettes, Claire rencontra cette dame d’environ 35 ans. Elle lui dit qu’elle ne se sentait pas bien, qu’elle était enceinte et que son fils venait la chercher. Elle lui demanda aussi ou nous allions. Innocement, Claire répondit que nous allions vers la frontière avec le Costa Rica pour ensuite aller San Jose. Enchantée, la dame répondit que puisqu’eux aussi allaient par là, ils pourraient nous emmener ! Contente de trouver un moyen de transport rapide vers la frontière et conquise par les sourires avenant de cette dame, Claire accepta d’emblée. A mon retour des toilettes, nous sommes donc montés à l’arrière de la voiture dudit fils, les sac à dos et la guitare dans le coffre.
Au bout de 50m, un autre homme faisait du stop. Comme par hasard, sans trop dire où il allait, il allait aussi vers la frontière. Il monta donc avec nous à gauche de Claire. En cours de route, ils profitèrent d’un bruit de suspension que faisait la voiture pour changer de place. La dame s’assi à côté de moi, Claire à ma droite, et le deuxième homme pris place à l’avant. Nous ne l’avions pas remarqué au début, mais les poignées de porte intérieures des passagers étaient toutes cassés, ce fut donc un drôle de jeu que ces chaises musicales.
Nous avons discuté ensemble pendant une bonne heure, riant bien, posant des questions sur les volcans à l’entour qui nous paraissaient connus, sur le temps que nous mettions à rejoindre Rivas que nous trouvions long, sur la viande Nicaraguayenne que nous trouvions délicieuse, sur la politique du Nicaragua que, pour des habitants du Costa Rica, ils connaissaient drôlement bien, etc… Mais à chaque question que nous avions, nous nous laissions convaincre par une réponse un peu évasive. Mais au bout d’un moment, le soleil déclinant à gauche et non à droite et un panneau indiquant Masaya et non la frontière finirent de nous convaincre que nous faisions route vers le nord de la capitale et non le sud de la frontière !
C’est lorsque nous firent part de cette révélation à nos co-voitureurs que ceux-ci se transformèrent en agresseurs… La dame à ma gauche m’enfonca son bras dans le cou et bloqua mes bras pendant que le jeune homme barraqué du devant sauta sur les genoux de claire pour l’immobiliser. Même dans cette situation, nous n’arrivions pas à croire ce qui nous arrivait, et nous ne cessions de leur demander si ce n’était pas une blague ! Comment alors tenter de les repousser ou même de les frapper ? Ce n’est que lorsqu’ils ont sortit des serre-clips pour nous attacher que nous avons commencé à réaliser. Mais il était trop tard alors.
Sans s’arrêter de rouler, mon poignet gauche fut attaché au poignet gauche de Claire. Idem avec les chevilles. Ils nous maintenaient la tête baissée et les yeux fermés. Ils prirent dans mes poche mon portefeuille et en sortirent tout l’argent disponible (40 dollars et 700 cordobas) et en agitant notre propre couteau suisse devant mes yeux, me firent cracher le code pin. Ils s’arrétèrent 2 secondes pour faire passer nos sac à dos du coffre à sur nos genoux. Les vidèrent entièrement pour en extraire les objets de valeurs. Nous réussime à leur dissimuler l’existance d’une deuxième carte bleue, mais pas des téléphones. Il s’arrêtèrent 3 secondes pour donner la carte et le code à un quatrième acolyte. Chaque fois que nous essayons d’ouvrir les yeux, un coup sur la tête et des grands cris nous les faisaient aussitôt refermer. Le jeune homme sur les genous de Claire remit quelques affaires dans nos sac à dos. La voiture stoppa encore 2 secondes pour prendre le quatrième homme. La dame voulu me rendre la carte, mais l’homme ne voulu pas la rendre. La dame me fourra deux billets de 20 dollars dans la main tout en jurant et insultant l’homme qui n’avait semble-t-il pas retiré assez d’argent et qui ne voulait pas rendre la carte. Il nous jetèrent soudainement dans une ruelle avec les deux sacs à dos et pieds et poing toujours liés. Le jeune homme s’assis dans le coffre pour couvrir la plaque d’immatriculation afin d’éviter que nous la notions. Tout ce paragraphe, malgré sa rudesse, dura environ 2h.
Un moto-taxi venant dans le sens inverse s’arréta pour nous libérer et pendant le reste de la soirée, nous aida auprès de la police et nous balada dans les cyber afin d’essayer de téléphoner en France pour bloquer la carte. La police fut assez sympa avec nous, même si leurs moyens sont assez limités et pas très bien organisés… Ils nous ont tout de même emmené à Managua, pour réviser un dossier de photos avec un détective, en vain, puis nous ont déposé à l’ambassade de France avec leurs motos personnelles.
À l’ambassade, ils nous ont donné quelques conseils, trouvé un hotel, et un bon soutient moral. Mais je ne sais pas si ils pourront faire plus que cela… Les démarches qui s’en suivent sont plutôt longues, surtout du fait que nous essayons de régler ces affaires depuis l’étranger. Skype tourne à fond ! Nous essayons de passer le cap du traumatisme, en ce disant que cet épidode malheureux n’est rien face aux tonnes de moments formidables que nous avons passés jusque là…
Nous repartons tout de même allégés d’un ordinateur et d’une guitare, sans téléphone ni appareil photo, sans chaussures de marche (!) ni couteau suisse. Ils ont aussi réussi à retirer 1500 euros avec notre carte. Et ils ont aussi gardé ma jolie casquette de jazzman… Avec ça, nous fumes surpris de trouver nos passeports dans un des sacs ! D’habitude, c’est ce qu’ils piquent en premier ! Et puis il nous manque aussi plein de petites broutilles auquelles nous êtions habitués, comme par exemple ces couverts Sporks tellement pratiques, ou nos stylos…
M.