Nous avons fait un très court passage au Honduras. C’est dommage, ça a l’air d’être un chouette pays, mais comme le temps nous manque pour arriver à Panama pour le 22 décembre, nous avons choisi de ne pas rester plus de trois jours au Honduras afin de ne pas courir après. Donc le plan était de partir de San Salvador pour aller aux ruines de Copan, sur les conseils de mon grand-père, puis de traverser tout le pays en bus jusque Esteli au Nicaragua.
Nous nous sommes donc levés de bonne heure ce lundi-là pour attraper le premier bus pour la frontière entre El Salvador et le Honduras, un lieu appelé El Poy. Le voyage se passe bien, on somnole un peu pendant les trois heures que dure le trajet, on lit pas mal et on déjeune de petit gâteaux sec et de fromage frais. En descendant du bus, nous demandons le chemin de la frontière à une petite famille bien sympathique de Salvadoriens. Le passage se passe relativement bien, à par toujours cette petite méfiance quand les douaniers nous demandent de payer quelque chose. Mais cette fois-ci, nous ne pouvions rien dire, un panneau (qui avait l’air) officiel le spécifiait. Dès nos premiers pas sur le sol Hondurien, nous nous faisons entrainer par des chauffeurs pour prendre un collectivo puis un bus pour La Entrada, petite ville où se croisent tous les bus du pays. Nous apprenons ici que lorsqu’on nous dit qu’un bus est direct, c’est qu’en réalité il faut changer 2 fois. Nous apprenons aussi que lorsqu’on nous dit qu’un trajet dure 1h, en réalité il en faut 4 ! Pour notre malheur, nous avons pris un bus qui était presque vide, et qui du coup attendait une demi heure à chaque carrefour pour qu’un peu de monde monte à bord. Nous sommes donc arrivés au bout de quelques heures juste à temps pour prendre la dernière navette qui nous mène à Copan.
Et dans cette navette, nous retrouvons par surprise la petite famille Salvadorienne que nous avions rencontrée avant la frontière ! Eux aussi vont visiter les ruines, et s’inquiétaient un peu de notre sort car bien que passés après nous à la frontière, et ayant pris le bus suivant, ils étaient arrivés bien 2h avant nous ! La petite famille est composé de Mitchel et Teresa, deux grands parents emmenant William et Marcelo en vacances au Honduras avec leur tante Anna. Nous nous lions vite d’amitié, et par un autre heureux hasard, nous en arrivons à choisir le même hôtel ! Nous sortons alors tous ensemble pour aller partager un petit quelque chose à manger. La conversation tourne vite sur le sujet des enfants, et Teresa nous raconte comment ça à changé sa vie d’en avoir. Son discoure est ponctué par les anecdotes que raconte Mitchel. Nous allons nous coucher en nous promettant de partir ensemble pour les ruines.
À 7h le lendemain, donc, nous nous mettons en quête d’un petit déjeuner. Nous trouvons un petit café, et un peu plus loin un vendeur de rue qui propose des espèces de tortillas avec du fromage et des oeufs brouillés dedans. Ceci nous permet de partir d’un bon pied vers les ruines. Mais arrivés là-bas, la surprise est grande : les prix ont bien augmentés depuis que Mitchel est venu la dernière fois, et le tarif est unique que l’on soit Français ou Salvadorien : 15 dollars américains pour visiter les ruines (c’est à dire 280 Lempiras Honduriennes), plus 7 pour visiter le musée, plus 15 pour visiter les tunnels, plus 25 pour avoir un guide… Mais en se cotisant et en ne gardant que l’entrée du parc, tout le monde arrive à réunir la somme, et nous rentrons dans le parc sous la direction de Claire qui nous guide grâce au Lonely Planet. Les ruines sont très intéressantes, le parc très joli, et nous avons même la chance de voir à l’oeuvre des restaurateurs dégageant un nouvel édifice. Mais nous passons une grande partie du temps à discuter avec cette chouette famille.
Vers midi nous en avons fini avec les ruines et repartons pour La Entrada afin d’attraper un bus qui nous mènerait le plus loin possible vers Tegucigalpa. La tentation est grande de repartir avec eux vers San Pedro Sula, leur destination. En effet depuis San Pedro, nous aurions pu prendre un bus direct pour le Nicaragua, en service premium et tout. Mais non, c’est moins drôle et c’est pas l’aventure ! Nous partons alors en chicane bus pour Gracias, ancienne capitale des Amériques Espagnoles. Comme nous ne pouvons aller plus loin (par une étrange loi de fait, il n’y a pas de bus voyageant de nuit, donc pas de départ après 16h30 au Honduras), nous trouvons un petit hôtel dans Gracias. Sans eau chaude, sans prises électriques, l’eau froide n’arrivant qu’à partir de 21h, nous passons une nuit spartiate. Le lendemain, lever à 4h pour traverser la ville et prendre le premier bus pour La Esperanza, ultime étape avant Tegucigalpa. La balade à l’aube dans cette ville qui se réveille est bien agréable. Arrivés à La Esperanza, nous enchaînons avec notre bus pour la capitale. D’après nos renseignements, nous devrions arriver vers 10h30 – 11h, ce qui nous laisserait assez de temps pour prendre le bus de 12h pour la frontière et ainsi arriver à Esteli, notre destination au Nicaragua avant la nuit.
Mais tout ne se passe pas comme prévu, et le bus arrive à 11h40 à la capitale. Le taxi qui nous emmène pour le changement de terminal prend son temps et dépose d’autres personnes avant nous à l’autre bout de la ville. Nous arrivons ainsi à prendre un bus à 13h30 pour El Paraiso où il nous faudra attraper le un bus pour la frontière. Belle consolation tout de même, une dame vend sur le trottoir une belle assiette de brochettes servie avec du riz, de la salade, un peu de piment et des tortillas. Nous en prenons deux comme ça ! Encore une fois, le trajet est plus long que prévu, et nous arrivons vers 16h à El Paraiso. Justement, le dernier bus pour la frontière va partir ! Mais nan. en fait le moteur ne démarre pas ! Après un changement de batterie, nous partons enfin mais… Mais la frontière est bloquée par des camions ! Impossible de continuer en bus, il nous faut donc marcher avec nos sacs jusqu’aux douanes… Et arrivés aux douanes, une queue énorme et par dessus le marché le douanier ne veux pas s’occuper de nous car, dit-il, il nous faut payer et donc ça va durer plus longtemps que les autres. Alors tout le monde nous passe devant, et sans trop savoir pourquoi la taxe est 2 fois plus élevé que prévue, nous payons tout de même. Il est alors 6h du soir, la nuit est tombée, et le dernier bus pour Ocotal part tout juste. Mais nous avons raté le dernier bus de Ocotal pour Esteli. Nous dormons alors ici, fatigués par notre folle équipée !
M.


